Pourquoi Sainte-Croix ?

Savez-vous qui est le saint patron de Sainte-Croix ?

Il ne s’agit pas d’un saint ou d’une sainte mais d’une entité : la sainte croix, fêtée le 14 septembre.

Si vous êtes curieux, rendez-vous au hameau de Labarre, sur votre droite après le pont de chemin de fer, en direction de Louhans. Au fond du hameau, se dresse une croix vestige de l’Histoire qui aurait donné son nom à notre commune. Ecoutez un peu et n’hésitez pas à flâner aux abords…

L’origine du nom donné à la commune de Sainte-Croix-en-Bresse a longtemps perturbé les érudits : qu’est ce qui a pu lui valoir de porter un tel nom ?

Ordinairement, ce n’est pas sans raison qu’une localité porte un nom plutôt qu’un autre : la dénomination peut venir d’une rivière, de la nature de ses produits, d’une famille importante, d’un évènement particuliers…

La commune de Sainte-Croix (mentionnée Sancta Crus dans les textes anciens) associe son histoire et ses origines à celles du christianisme et de son introduction en Bresse. En effet, c’est le fait historique dominant de l’époque gallo-romaine puisque la propagation dans nos régions de la religion nouvelle commença dans la seconde moitié du IIème siècle. La tradition veut que ce soit dans ce petit village de Bresse que l’empereur Constantin eut l’apparition d’une croix lumineuse.

Petit retour en arrière. En l’an 312 de notre ère, l’empereur romain Constantin, venant de Germanie avec son armée où il avait mené batailles, se dirigeait vers Rome pour y déloger Maxence qui avait usurpé son titre pendant son absence. Sentant son armée trop faible, il adressa une prière au dieu des chrétiens. Une croix lumineuse lui apparut alors dans le ciel avec l’inscription « In hoc signo vinces » (par ce signe tu vaincras). La nuit suivante, il vit le Christ en songe lui demandant de mettre cet emblème sur sa bannière appelée « labarum ». Constantin obéit et fit exécuter un étendard comportant cette image. Arrivé à Rome, il vainquit Maxence sans difficulté et se convertit à la religion chrétienne. Ce miracle nous est rapporté par Eusèbe, évêque de Césarée et biographe de Constantin.

De nombreux ouvrages et études tentèrent de démontrer que cet épisode se déroula précisément à Sainte-Croix, et d’autres de le nier au profit d’autres villages mais Sainte-Croix eut souvent la préférence puisqu’il existe un hameau dans la commune nommé La Barre (ou Labarre) qui viendrait directement du latin « labarum ». De plus, selon de nombreux historiens, en cet endroit, passait une grande voie romaine qu’auraient justement empruntée l’empereur et ces hommes pour rentrer à Rome. Enfin, il semblerait que des phénomènes paranormaux et des apparitions de points lumineux dans le ciel soient apparus dernièrement au-dessus de cet emplacement !…  De quoi ajouter au mystère !

Dès les temps les plus reculés, une croix en bois surmontée d’un coq fut élevée dans le hameau pour commémorer ce miracle. Marcel Baroë[1] écrit que, fidèle à ce lieu sacré, les Bressans ne cessèrent jamais d’aller en viage (en pèlerinage) à la croix de Labarre pour implorer quelques faveurs.

Des guérisons miraculeuses furent rapportées et notamment celle de la baronne de Mazenot, résidant au château de Sainte-Croix en 1873. A force de prières au pied de la croix, elle guérit et relata elle-même dans une lettre datée de 1876 les maux qui la travaillaient, sa dévotion et ce miracle. Ainsi, elle fit élever à la place de la croix de bois une croix en pierre où est inscrit son hommage. Cette croix est encore visible au hameau et elle porte elle aussi la phrase « In hoc signo vinces ».

[1] Marcel BAROË, Aspects de l’irrationnel en Bresse, Les Amis de l’instruction de Sagy et Saint-Martin-du-Mont.