Carnet de voyage AVR : les soiries Bonnet à Jujurieux et les gorges de l’Ain

LE VOYAGE ANNUEL DES AMIS DU VIEUX ROMENAY LE 2 SEPTEMBRE 2017

Comme chaque année, le car était rempli par les Amis du Vieux Romenay qui ne manquent jamais cette occasion de se retrouver.

La visite principale était consacrée au MUSEE DES SOIERIES BONNET à JUJURIEUX, sous la conduite d’une guide très intéressante, qui nous a conté l’épopée de Claude Joseph BONNET, né dans ce village à la fin du XVIII° siècle.

                             

  Après un apprentissage à Lyon, il y a fondé sa propre entreprise, dans laquelle était tissé uniquement du drap noir. Estimant les salaires trop élevés à Lyon, et les Canuts se révoltant, il décide d’acheter des terres à JUJURIEUX, et d’y créer une gigantesque usine/pensionnat, consacrée au tissage de la soie, et utilisant la main-d’oeuvre locale, surtout des jeunes filles à partir de 12 ans. 600 d’entre elles étaient logées en dortoir, nourries frugalement et tenues à des devoirs religieux.

Des métiers étaient aussi installés chez des travailleurs à domicile. Il a été fait appel à de la main d’oeuvre polonaise et italienne ; au travers de correspondances et graffitis, on perçoit la souffrance de ces jeunes femmes, qui se battaient entre elles lorsque la guerre de 1914 a été déclarée. Pendant cette guerre, l’infirmerie fut transformée en hôpital pour les soldats blessés.

                             

Le tissage de la soie a été prospère jusqu’aux années 1950. Avec l’arrivée des nouvelles fibres synthétiques, l’usine a investi dans les métiers à tisser le velours, et a réalisé son chiffre d’affaires à l’export et dans la haute couture jusqu’à l’année 2001.

On ne peut s’empêcher de penser que M. BONNET et ses successeurs étaient des précurseurs, ils avaient créé une forme d’exploitation que l’on appelle maintenant « multinationale ».

La visite s’est terminée par un parcours commenté au milieu des métiers à tisser, d’une étonnante complexité.

Nous nous sommes rendus ensuite dans un restaurant panoramique dominant le très pittoresque village de CERDON, cerné par des pentes couvertes de vignes.

                         

Et nous avons eu la surprise, et le plaisir, de déguster entre autre la spécialité de cet établissement, une « potence de viandes » flambée au dessus d’un délicieux gratin de légumes variés.

Accompagnés d’un jeune guide, notre car a suivi ensuite les gorges de l’Ain, sous un ciel un peu couvert, puis nous avons été conviés à la visite d’une cave produisant exclusivement le vin de CERDON blanc et rosé, et bien sûr à sa dégustation, avant le retour à la maison.

Madeleine VERCHERE