Madame GAMELIN, une Romenayouse

Qui imagine Eugénie Marchand, née le 23 septembre 1890 à Romenay, fille naturelle de feue Benoîte Marchand veuve Gras de son vivant journalière demeurant aux Barres, épouser le 20 septembre 1927 le Général de Division, Commandant Supérieur des Troupes du Levant, Chef d’État Major de la Défense Nationale, Chef d’État Major général de l’Armée, Grand Officier de la Légion d’Honneur, décoré de la Croix de Guerre, (oups, ma machine n’a bientôt plus de majuscules disponibles!) né à Paris le 20  septembre 1872 dans le septième arrondissement ?

 

Le certain est qu’ils n’ont pas gardé les vaches ensemble mais aussi que la vie des jeunes bergères, comme celle des grands hommes, n’est pas exempte d’inattendus.

 

La généalogie d’Eugénie est clairement floue.

Prénommée Benoîte à sa naissance, la mère d’Eugénie devient Marie quand elle se marie et Marie-Louise quand elle meurt. Le prénom prévu en cas de résurrection ne nous est pas connu.

Eugénie, Eugénie Marchand, du nom de sa mère qui comme dirait Hubert Thivent « l’a faite toute seule », ne voulant pas être en reste par rapport à cette mère au prénom à géométrie variable, a trouvé le moyen de laisser dans la mémoire romenayouse le souvenir d’une jeune fille répondant au nom de Marie Garraud !

L’explication la moins improbable est apportée par Hubert : l’un des prénoms de la mère s’est télé transporté de la mère à la fille, son nom (celui d’ex épouse de la mère, veuve Gras), Gro en patois, s’est transformé par  effet d’harmonie imitative  en Garraud, au bout du compte l’une étant prise pour l’autre et inversement, sans que l’on ne sache plus laquelle est laquelle et comment chacune s’appelle réellement.

Dans le long article que wikipédia accorde au controversé Maurice Gustave, madame Gamelin n’existe pas sauf quand elle meurt en 1964.

Dans le livre de 371 pages de Pierre le Goyet  « Le mystère Gamelin » paru en 1975 aux Presses de la Cité, Eugénie apparaît dans l’épilogue à la 369ème page, sous le nom de madame Gamelin, au moment où meurt celui qui fut arrêté par le gouvernement de Vichy le 06 septembre 1940 et détenu prisonnier jusqu’au 05 mai 1945.

 

Moins connue que la pourtant très discrète tante Yvonne, Eugénie Marchand la jeune roturière très tôt placée comme employée de service hôtelier à Nice, devenue femme du généralissime Maurice Gamelin, n’oubliait pas de s’arrêter quand elle passait par la 75, chez son amie et conscrite Alice Devat, avec qui elle avait suivi les cours de l’école congréganiste des religieuses de la Présentation de Marie de Châtel.

 

Maurice attendait dans la voiture.                                     

                                          

                                           Jean Naëgelen

 

               (grâce aux apports

    d’Hubert Thivent et Claude Devat)

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