Hommage à Denise Baland

La Denise Baland est moârte à 97 ans du Covid 19. Alle va étre entarrée à Huilly.
Y est na des premires à avoir évoqué le p’tchot patrimoin-ne bressan. Alle avait étou fouait on mémouaire su l’ patouais de Meun’treu lavou qu’alle a habité. Ape on s’ rappalle étou ses histouaires dans l’Indépendant, y a déjà tchéques temps.
A Mémouaire de Sornay, on a souvent r’pris ses histouaires adaptées en patouais d’ vez nous. Pour écrire nouton lexique de patouais (gazette n° 7 de 2014), on s’a souvent inspiri de son livret.
RESPECT DENISE pou ç’ que t’ôs fouait pou la Bresse. T’ôs bien mérité d y r’pouser.

Pou li rendre hommage, j’ai mis na d’ ses histouaires.

L’cutcheaû du Nonon Mimile
(Version Denise Baland mis en patouais d’Sôrnay)

J’ain-mais bien mon Nonon Mimile apis sa fomme, la Tatan Zoë, pace qu’is m’étchutaint quand j’causais. Dans ç’temps là, les grands qu’étchutaint les pt’chots, y était pieutoût râre, on n’avait point d’temps à pâdre à çan, apis dans l’fond y était pôs pieus mal !
J’allais souvent les vouair pou yous i raconter mes histouaires de pt’chote gamine de 6 ans. Ma Tatan Zoë était touj’ otchupée après ses poulots, ses tchuèsses, ses neûrrains, ou ben alle corait aprés ses treues que r’veûillaint la taria auto du feumi au lieu d’brotter dans la co, ou ben encore alle r’mandait ses chausses.
L’Nonon poûsait la painire qu’il était aprés fére dans l’huteau, i m’preniait su ses geonets pis i chantait: « trotte trotte mon bidet pou aller à l’étalet, chorchi du pain bianc pou la mére-grand que n’a pieus de dents, trotte trotte ma jument pou aller à Visargent, trotte trotte mon poulain pou aller à Villegaudin ». Aprés i me j’tait en l’air et pis i m’réchiquait en m’faillant des chatouilles, je millais…pis on récitait le héron au long bec, la r’no-ille que vouillait s’fére si grousse que l’bû. J’li causais d’la classe, i r’grettait groûs d’y avouair été si dgére. J’li djais qu’la dame nous appreniait la politesse, l’hygiène, mon Nonon trouvait qu’j’avais groûs d’chance.
Quand y arr’vait l’heûre du saîrnon, j’me faillais pôs prier pou mangi d’ave you. Oh c’ment tout l’monde, pôs bien grand chouse, na rutchia d’fromage bianc ou d’fromage fouât, ça dépendait d’la saison, y était maillou vez l’Nonon ape la Tatan mais y avait tchéque chouse que m’embêtait tous les coups y’était l’cutcheaû du Nonon Mimile.
Son cutcheaû i s’en seurvait pou tout fére, i vissait pis i dévissait, i sârrait pis i déssârait, i raûsc’illait les betterâves apis les réves, i coupait la pén’cia, les villons, les pacheleûres, i m’faillait des subiots, ape des treubeuillot, i veurguait l’treutchi, i rétcheurait sa paûle apis son bouess’lon, i sagnait les poulots, il écorchait les r’noilles, il éfouaitissait les cârpes, i dét’chulottait sa pipe, débourait ses sabots qu’avaint des pintales de târre ou d’feumi, i faillait on trou dans la panse des vaches qu’avaint gonscié dans l’trèfe, i châtrait les pt’chots pouâs, i s’coupait les on-illes des daigts pis des artèts, i s’rausc’illait la couârne des pis quand ils avaint trempé on moment dans la seuille d’édje tchède. I grattait ses vî’illes dents gâtées, i peurçait ses furonsc’illes. Quand il avait c’maçan fini ses p’tchots travaux, i frottait son cutcheaû contre son d’vanti en piaû, de r’vin de r’vâ, il le fremait pis il le laissait cheûr i fond d’sa poche de tchulotte. Jamais d’édje dessus, juste pou l’raidjusi su la moule.
Pou marander i fauillait pôs li causer d’énne autre cutcheaû, d’ailleurs, y en avait pôs groûs dans l’tirouaî. Tous les coups l’Nonon Mimile sortait l’sain-ne, i rausc’illait la raiseure i fond d’la marmite de gaudes, ou ben su les bords du plat d’gratin, i s’pieumait na poumme en faillant tire-bouchonner la piaû, i mangeait son quarti d’lâd d’ave on quignon d’la miche, i faillait grilli ses rutchias d’vant la grille du pouêle, apis surtout i coupait l’pain pou tout l’monde.
Quand y était l’moment d’saîrner, l’Nonon ouvrait son cutcheaû que claquait on coup:
«Allans, vins pt’chote j’vas t’fére na rutchia ». Mouai que v’niais d’le vouair déborrer ses sabots piens d’târre, apis d’chogne ave son cutcheaû, j’approchais d’la traub-ille mais j’djais ren.
«Allans p’tchote faut pôs t’gin-ner c’maçan »
J’répondais tous les coups :
« Fét d’jà la rutchia d’la Tatan Zoë, aprés, coupe la tain-ne, api après, la main-ne, y est la politesse que vout ça! »
L’Nonon mettait alors la groûsse miche contre li, i faillait l’signe de crouaix d’ave son cutcheaû, apis i coupait les bouts d ‘pain, j’preniais touje le dèri morciau coupé.
« Quand méme, Zoë, t’entends ça, c’te p’tchotte, alle en a des brâves façons, alle nous en r’montre déjà ».

 

 

REUGNES 2020

Les reugnes 2020 en images. Animations – histoires de terroir en patois – chansons – accordéon – danses folkloriques – reugnes …

Une fête pleinement réussie. Le printemps devrait être clément. Reugnes reugnes. Autant de poummes que de feûilles.

   

PETIT PATRIMOINE – LA CHAPELLE NAUDE

Identification d’une litre sur le mur Est de l’église de la Chapelle-Naude. Origine 16ème siècle (?).

Découverte aux archives d’une fresque représentant Sainte Catherine d’Alexandrie, photographiée en 1910 par Lucien Guillemaut, hélas, recouverte par une couche de badigeon.

Une 15ème association intègre Brixia

C’est à l’occasion de notre assemblée générale du 1er février 2020 que Le Sabot de Bourgogne a émis le souhait d’intégrer Brixia. Découvrez cette association et ses activités sur notre site et leur page Facebook.

 

 

LES GESTES D’ANTAN

Le savoir-faire des gestes d’antan

Vendange du noha
Le moulin à café
Fabrique d’une « ruarte »
Affûtage d’une faux « Enchépiage d’on dâ »
Fabrique de balai
Fabrique de cordes
Fabrique de panier

Concert de Champagnat Patrimoine pour restaurer l’église du village

Afin de permettre les travaux de restauration de l’église de Champagnat, l’association « Champagnat Patrimoine » a vu le jour en début d’année 2019. La présidente, Marina Rodot, est entourée d’une trentaine d’habitants désireux de porter ce dossier soutenu par la Fondation du Patrimoine et, plus largement, d’œuvrer pour la valorisation et la promotion du patrimoine de cette charmante petite commune. Félicitations pour cette belle initiative dont Brixia se fait le relais.

Deuxième concert dimanche 16 février pour poursuivre la collecte de fonds destinés à la restauration de l’église.

 

Lancement d’une souscription à Longepierre

Une souscription est mise en place pour permettre la restauration du tableau de Camille Bouchet « La lapidation de Saint Etienne » située dans l’église de Longepierre.

En savoir plus ...

Les Reugnes

LES REUGNES

Tradition remontant au moyen âge, les Reugnes sont maintenant des occasions de réjouissance dans certains villages de la Bresse Bourguignonne.

Jusque vers les années 1955/1960, le premier dimanche de Carême, on pouvait encore voir dans les champs du côté de Montpont-en-Bresse, la Chapelle-Naude et Sornay, des feux allumés à la tombée de la nuit.

A la fin de l’hiver, les paysans embrasaient les ronces et les rognures d’arbustes provenant de la remise en état des buissons au cours de l’hiver et qu’ils appelaient les « essarpés ». Ils les rassemblaient en un grand tas qui pouvait atteindre 2 ou 3 mètres de haut et 10 mètres de diamètre. Ces buchers étaient appelés « reugnes ».

On peut penser qu’il y a bien des lustres, le feu et la fumée qui symbolisaient la purification, étaient utilisés à des fins curatives. Les paysans prenaient une branche dont le bout se consumait en produisant beaucoup de fumée, appelée « brandon ». Ils la promenaient le long des troncs des arbres afin de tuer les larves des parasites ou nettoyer l’écorce de champignons porteurs de maladie. Ce procédé ne pouvait réussir qu’un prononçant les incantations suivantes « Reugne – reugne, autant de poummes que de feuilles ».

Plus tard, ces reugnes ont donné lieu à diverses réjouissances. Dans les fermes, où il y avait beaucoup de monde, on en profitait pour faire la fête avec un souper amélioré avec lard, matafans (crêpes) ou gaufres et un coup de noha suivi d’une bonne goutte. Là où il y avait des filles, les gars étaient au rendez-vous. Lorsque le feu avait baissé d’intensité et qu’il n’y avait plus que de la braise, les plus audacieux, filles et garçons, sautaient par-dessus le brasier. Gare au bas de la robe ou du pantalon qui pouvait frotter sur une braise. Et ceux qui pouvaient franchir l’obstacle sans encombre étaient censés se marier dans l’année. Les brandons étaient lancés le plus haut possible en l’air en les faisant tournoyer. Le bout incandescent décrivait alors des arabesques dans la nuit.

Les blagues, à l’occasion des reugnes n’étaient pas rares entre voisins. La plus connue était d’enflammer le bucher la veille dans la nuit. Le lendemain, tous les voisins allaient aux nouvelles et c’était l’occasion de rigoler et de boire la goutte.

Récemment cette tradition a été reprise par des associations ou par des particuliers. Le côté festif a été privilégié et des musiques traditionnelles ont  fait leur apparition pour faire danser des farandoles autour du feu.

Mémoire de Sornay maintient cette coutume depuis de nombreuses années. Un grand brasier est préparé sur la place du village avec les « essarpés » récupérés un peu partout sur la commune, chez les personnes qui entretiennent encore des buissons. A la tombée de la nuit la reugne est allumée devant une nombreuse assistance venue de la commune mais aussi des villages voisins. Des danses traditionnelles sont présentées à ce public par l’association, telles que polka piquée, polka badine ou autres quadrilles. Une grande farandole avec tous les spectateurs, sur une musique de rigodon, entoure le reste du feu.

Puis petit à petit tout le monde retourne à sa maison, avec les belles images que constitue toujours le spectacle du feu, tandis que les membres de l’association et leurs amis, s’attablent dans la salle du foyer rural pour déguster les gaudes, un morceau de lard et les matafans.