Les Romenayous, bressans de nulle part ?


Ni bressan ni bourguignon, j’ suis Romenayou; La formule est connue.

Pour Michel BOUILLOT faisant visiter le village[1], il s’agit là de l’expression de gens qui, héritiers d’une histoire particulière, dépendant pendant des lustres des illustrissimes et révérendissimes seigneurs hauts-justiciers évêques barons  décimateurs[2] curés de Mâcon, se démarquent de leurs voisins, « gonflent les épaules », souffriraient d’un évident complexe de supériorité. Est-ce probant ?

Victimes d’attaques venues de toutes parts, les paroissiens  de l’évêque ne formulent-ils pas en réalité qu’ils ne sont que Romenayous. D’ailleurs si leur commune reste la plus grande de Bresse,  des bouts manquent dans lesquels s’entravent les archéologues, à Vernoux, Vescours et Sermoyer.

En 1790, lorsqu’à la suite de la Révolution sont créés les départements, Romenay, parce qu’ancienne dépendance des évêques masconnois a été immergée en Saône-et-Loire, quand le langage, le droit écrit, les tuiles romaines, les façons culturales, le costume traditionnel, toutes choses  appartenant à l’identité de la Bresse savoyarde, définissant des lignes toutes situées au nord de Romenay,  légitimaient un rattachement de la commune au département de l’Ain, avant que pisé et  mobilier bressan loupedefrêné ne viennent encore renforcer l’identité aindinoise de la commune.

Aujourd’hui, Romenay, noyée dans une Bresse qui agglomère Bresse Chalonnaise et Bresse Louhannaise, dont elle ne possède aucune caractéristique, n’ est  pas administrativement bressane mais saône-et-loirienne et bourguignonne. Y’est vrai !

Dans Habiter et bâtir en Bresse hier et aujourd’hui[3], page 100, la description de l’habitation de la ferme du Champ Bressan amène ce début de phrase incongru :

« L’huteau (ou maison) au centre, desservi par une porte etc… »l’huteau louhannais, sans ambage, pousse la maison bressane dans les orties de la parenthèse.

La question du droit écrit et de la coutume ne se  pose plus, les patois se taisent, le bâti champignonne ici et là en villas et pavillons clonés dans des lotissements, les tracteurs obéissent aux données GPS, les fermes de nos grands-parents que vendent les agents immobiliers sont des longères, seulement vingt kilomètres séparent Romenay de Louhans. On pourrait penser que dans un tout mondialisé,  les Romenayous  sous l’influence du tourbillon général aient au moins muté sans problème en Bourguignons pur sucre, et que n’en parlons plus. Y’est pas vrai ?

Sans bagages qui déboucheraient sur du scientifique et de l’analysé, que du vécu cumulant une enfance ni bressane ni bourguignonne à Romenay,  trente-six années bressanes à Montrevel-en-Bresse, onze années bourguignonnes à Pierre-de-Bresse, et un retour depuis une dizaine d’années à la case départ romenayouse, je distingue encore des toits méditerranéens, du parler vernaculaire, des mentalités singulières, des documents anciens écrits de mots têtus localisés . Y’est certain !

D’où un diagnostic à cent lieues de celui de Michel BOUILLOT: porte ouverte sur deux bresses mitoyennes qui se regardent en poulets de faïence depuis possiblement l’homo sapiens bressan[4], Romenay souffre d’un syndrome géographique chronique mal placé à tendance déboussolante qui ne se peut  soigner qu’en mettant  le doigt sur son architecture, sa culture, son parler, son histoire,  son identité, son caractère bressan au regard de la Bresse bressane, son ADN. Ainsi naîtra l’espoir, à l’aube d’un jour touristique nouveau, de satisfaire  la curiosité du promeneur visitant le village figé en 1937, celui d’autoriser le Romenayou à  déclarer  sa triple nationalité :

                                        j’ suis et Bressan et Bourguignon  et Romenayou.

Pour qui n’a d’autres outils que ses yeux et ses oreilles une définition s’impose naturellement :

                          Romenay, village de Bresse savoyarde en Bresse Bourguignonne.

Ne doutons pas que dans un futur imprévisible les habitants du lieu chanteront gaiement en chœur et à tue-tête sur un air entendu quelque part tout en gigotant gracieusement les mains:

Tralala, tralala et je suis fier d’être Romenayou, Bressan et Bourguignon, Tralala, tralala et je etc.

En attendant il ne coûte rien d’être Romenayou et Utopiste. C’est vrai sûr !

   Ferme BON à Romenay village de bresse savoyarde en bresse bourguignonne.

                 Architacture bressane typique au hameau de Varennes, aujourd’hui démolie.     (Photo MUCEM)

  Jean Naëgelen

                                                        Une frontière culturelle

Au retrait du glacier alpin l’homme, chasseur-cueilleur, occupe déjà de nombreux territoires et s’installe en Bresse lorsque les conditions y sont favorables.

Vers 8 à 10000 ans avant notre ère, l’homme se sédentarise et cultive les premières plantes. Ainsi en plusieurs lieux débute le néolithique qui se diffuse, depuis le Proche-Orient vers l’Europe, en suivant deux routes majeures ; la route continentale (par la vallée du Danube) et la route méditerranéenne. La France est concernée par les deux courants, l’un arrivant du nord-est par la Vallée du Rhin et l’autre remontant du sud et par la Vallée du Rhône. La rencontre s’échelonne sur une ligne, une zone tampon, traversant la Bresse.

Ces deux courants portent des cultures différentes et leur rencontre définit la frontière au nord de la Bresse (de l’Ain) qui, selon Paul GUICHARD[5], va du confluent de la Seille avec la Saône, jusqu’à Coligny, par Sermoyer, Vescours, Vernoux, Curciat-Dongalon et Cormoz.

Il est fort probable que, plus tôt, voire 45 à 40000 ans, l’homme moderne (homo sapiens)[6] se soit installé en Europe en suivant les mêmes parcours.

 

                                                              Extrait de la Bresse de l’Ain par Rémi Riche, mars 2020                                                                                                

[1]Romenay pays d’histoire et de tradition. Cassette vidéo non datée. Assoc. Découverte du Tournugeois et de la Bresse bourguignonne, réalisation Monique MONNOT.

[2]Titulaires du droit de levée la dîme dans la paroisse.

[3]Ecomusée de la Bresse bourguignonne 2008.

[4]Lire te texte Une frontière culturelle extrait de La Bresse de l’Ain  par Rémi RICHE

[5]Connaissance des pays de l’Ain Edition de Trévoux 1965.

[6](JN) : Les Romenayous gonflent-ils les épaules depuis que le roi burgonde GONTRAN en 584 a donné Romenay à l’évesché masconnois ou homo sapiens romenayou gonflait-il déjà les épaules, ce que savait GONTRAN et l’aurait décidé à faire sa donation ? Telle est la passionnante question que les scientifiques du monde entier s’engagent à trancher le 1er avril 2037 après analyse d’un squelette, lors du centenaire qui recentrera Romenay dans l’univers. Les AVR apportent évidemment tout leur soutien à cette heureuse initiative.

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Le réveil de la vouivre à Promby

ALERTE ! Déconfinement de la Vouivre prochainement. Riverains du Solnan ne ratez pas sa sortie… Mais prenez garde. Elle est très belle et souvent imprévisible.

Mémoirede Sornay va sortir le livre de Renée Vivant « Le réveil de la Vouivre à Promby » avant Noël. Voilà une bonne idée de cadeau. Vous pouvez déjà le réserver, sans verser d’arrhes, auprès de l’association (memoiredesornay@orange.fr) ou à l’atelier du Port à Branges. Les modalités de mise à disposition seront précisées début décembre. Prix de vente : 12 €.

Pour le moment laissons la Vouivre dormir. Dès qu’elle se réveillera et qu’elle aura rejoint le Solnan fin novembre, la presse locale vous en dira plus.

Quelques illustrations inédites de Renée Vivant que vous retrouverez dans le livre.

 

Sortie du dernier ouvrage d’André Petit, Où est notre âme dans ce monde qui s’emballe ?

Fondateur d’ARTS avec Jean Boussuge, André Petit vient de publier son dernier ouvrage chez L’Harmattan : Où est notre âme dans ce monde qui s’emballe ? Disponible en librairie (16 €).

 

Réflexions autour de la création d’un PNR en Bresse

Depuis l’année dernière, des réflexions ont été menées quant à la création d’un Parc Naturel Régional en Bresse bourguignonne. L’association des Amis du Parc Naturel Régional a vu le jour et travaille aux côtés d’un cabinet d’études qui vous propose de participer à un questionnaire afin de connaître les attentes de chacun à ce sujet. N’hésitez pas à participer  : https://forms.gle/PZKmbSwFdmH4EVut5

Vous pouvez également soutenir ce projet en adhérant à l’Association des Amis du PNR .

 

Madame GAMELIN, une Romenayouse

Qui imagine Eugénie Marchand, née le 23 septembre 1890 à Romenay, fille naturelle de feue Benoîte Marchand veuve Gras de son vivant journalière demeurant aux Barres, épouser le 20 septembre 1927 le Général de Division, Commandant Supérieur des Troupes du Levant, Chef d’État Major de la Défense Nationale, Chef d’État Major général de l’Armée, Grand Officier de la Légion d’Honneur, décoré de la Croix de Guerre, (oups, ma machine n’a bientôt plus de majuscules disponibles!) né à Paris le 20  septembre 1872 dans le septième arrondissement ?

 

Le certain est qu’ils n’ont pas gardé les vaches ensemble mais aussi que la vie des jeunes bergères, comme celle des grands hommes, n’est pas exempte d’inattendus.

 

La généalogie d’Eugénie est clairement floue.

Prénommée Benoîte à sa naissance, la mère d’Eugénie devient Marie quand elle se marie et Marie-Louise quand elle meurt. Le prénom prévu en cas de résurrection ne nous est pas connu.

Eugénie, Eugénie Marchand, du nom de sa mère qui comme dirait Hubert Thivent « l’a faite toute seule », ne voulant pas être en reste par rapport à cette mère au prénom à géométrie variable, a trouvé le moyen de laisser dans la mémoire romenayouse le souvenir d’une jeune fille répondant au nom de Marie Garraud !

L’explication la moins improbable est apportée par Hubert : l’un des prénoms de la mère s’est télé transporté de la mère à la fille, son nom (celui d’ex épouse de la mère, veuve Gras), Gro en patois, s’est transformé par  effet d’harmonie imitative  en Garraud, au bout du compte l’une étant prise pour l’autre et inversement, sans que l’on ne sache plus laquelle est laquelle et comment chacune s’appelle réellement.

Dans le long article que wikipédia accorde au controversé Maurice Gustave, madame Gamelin n’existe pas sauf quand elle meurt en 1964.

Dans le livre de 371 pages de Pierre le Goyet  « Le mystère Gamelin » paru en 1975 aux Presses de la Cité, Eugénie apparaît dans l’épilogue à la 369ème page, sous le nom de madame Gamelin, au moment où meurt celui qui fut arrêté par le gouvernement de Vichy le 06 septembre 1940 et détenu prisonnier jusqu’au 05 mai 1945.

 

Moins connue que la pourtant très discrète tante Yvonne, Eugénie Marchand la jeune roturière très tôt placée comme employée de service hôtelier à Nice, devenue femme du généralissime Maurice Gamelin, n’oubliait pas de s’arrêter quand elle passait par la 75, chez son amie et conscrite Alice Devat, avec qui elle avait suivi les cours de l’école congréganiste des religieuses de la Présentation de Marie de Châtel.

 

Maurice attendait dans la voiture.                                     

                                          

                                           Jean Naëgelen

 

               (grâce aux apports

    d’Hubert Thivent et Claude Devat)

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Fabrique de masques

En cette période de confinement, l’atelier couture de Mémoire de Sornay, spécialisé dans la fabrication de costumes folkloriques, s’est reconverti dans la confection de masques destinés aux 126 adhérents, grâce à Marcelle et Rolande, membres de l’association.

Bien que non homologué, ces masques peuvent éviter la contamination en respectant les gestes barrière.

REUGNES 2020

Les reugnes 2020 en images. Animations – histoires de terroir en patois – chansons – accordéon – danses folkloriques – reugnes …

Une fête pleinement réussie. Le printemps devrait être clément. Reugnes reugnes. Autant de poummes que de feûilles.

   

PETIT PATRIMOINE – LA CHAPELLE NAUDE

Identification d’une litre sur le mur Est de l’église de la Chapelle-Naude. Origine 16ème siècle (?).

Découverte aux archives d’une fresque représentant Sainte Catherine d’Alexandrie, photographiée en 1910 par Lucien Guillemaut, hélas, recouverte par une couche de badigeon.

Une 15ème association intègre Brixia

C’est à l’occasion de notre assemblée générale du 1er février 2020 que Le Sabot de Bourgogne a émis le souhait d’intégrer Brixia. Découvrez cette association et ses activités sur notre site et leur page Facebook.

 

 

Lire et entendre les patois francoprovençaux de Bresse ou de Suisse : le dictionnaire en ligne DicoFranPro

 

Par Manuel Meune, Montréal (article extrait du bulletin AVR n°116)

Le projet DicoFranPro est né du constat que même si un certain nombre de personnes parlent encore le patois bressan, qui relève de ce que les linguistes appellent « francoprovençal », les gens qui ne connaissent pas le patois ont très rarement l’occasion de l’entendre – et en encore moins de l’apprendre. Il s’agit donc de rendre plus facilement accessibles certaines ressources sur cette langue, en la faisant plus visible et audible.

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